Les amis fascistes de l’impérialisme canadien: L’alliance d’Ottawa avec l’extrême droite ukrainienne et la guerre de l’OTAN contre la Russie

Première partie

Cet article est la première partie d’une série.

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, y compris le Canada, font, essentiellement, la guerre à la Russie. Leurs gouvernements, les médias bourgeois et les partis de l’establishment prétendent que les puissances de l’OTAN envoient des dizaines de milliards de dollars en armement à Kiev afin de protéger la «souveraineté» de l’Ukraine et de sauver sa «démocratie». En réalité, leurs actions provocatrices ont amené le monde au bord du précipice d’une conflagration mondiale menée avec des armes nucléaires.

Comme le World Socialist Web Sitel’a documenté de manière exhaustive, l’impérialisme américain a depuis longtemps planifié et fomenté une guerre avec Moscou au sujet de l’Ukraine. Il a dirigé l’expansion de l’OTAN vers l’est au cours des trois dernières décennies afin d’encercler la Russie, et a poussé Poutine à lancer son invasion réactionnaire en refusant de discuter ne serait-ce que des préoccupations de Moscou en matière de sécurité. Washington et Wall Street sont déterminés à soumettre la Russie, à piller ses abondantes ressources et à renforcer ainsi l’encerclement militaro-stratégique de la Chine.

Dans la poursuite de ces objectifs géostratégiques et économiques prédateurs, les États-Unis et leurs alliés se sont alignés sur les partis d’extrême droite et les milices fascistes d’Ukraine, c’est-à-dire sur des forces qui vénèrent et cherchent à imiter les fascistes ukrainiens qui ont collaboré avec les nazis et ont cherché à obtenir leur appui pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans leur quête d’un État ukrainien ethniquement «pur», les fascistes ukrainiens ont participé à certains des crimes les plus monstrueux du XXe siècle, dont l’Holocauste.

Washington, aidé et encouragé par ses alliés allemands et canadiens, a utilisé le Secteur droit fasciste comme troupes de choc lors du coup d’État de février 2014 qui a destitué le président pro-russe élu d’Ukraine, Viktor Ianoukovitch. Les puissances impérialistes ont ensuite placé au pouvoir un gouvernement déterminé à arrimer l’Ukraine à l’OTAN et à l’Union européenne. Washington a ensuite réarmé et réorganisé les forces armées ukrainiennes, supervisant la fusion du bataillon fasciste Azov dans les forces de sécurité ukrainiennes. Aujourd’hui, ces fascistes constituent une part importante des troupes d’élite ukrainiennes. Comme le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’en est lui-même vanté, ils sont des combattants de première ligne essentiels dans la région du Donbass à majorité russe.

L’impérialisme canadien a longtemps cherché à se faire passer pour une force altruiste dans les affaires mondiales. Mais Ottawa joue un rôle particulièrement provocateur et belliqueux dans la guerre en Ukraine. Il s’agit d’une continuation de son rôle substantiel dans la préparation et l’instigation de la guerre.

Sous les gouvernements libéraux et conservateurs, le Canada a travaillé en étroite collaboration avec Washington, d’abord dans sa volonté d’élargir l’OTAN aux anciens pays du Pacte de Varsovie et aux républiques soviétiques; puis, depuis 2016, de déployer en permanence des forces expéditionnaires de l’OTAN aux frontières de la Russie. Le Canada dirige l’un des quatre groupements tactiques de présence avancée renforcée de l’OTAN en Pologne et dans les États baltes, et envoie régulièrement des avions de guerre et des navires de guerre menaçants aux portes de la Russie. Depuis 2015, des centaines de formateurs des forces armées canadiennes ont été déployés en Ukraine, où ils ont travaillé aux côtés de militaires américains et britanniques pour réorganiser les forces armées ukrainiennes. Ils ont notamment aidé à intégrer et à former les fascistes du bataillon Azov.

Membre de la Garde nationale ukrainienne arborant le symbole du bataillon fasciste Azov, alors qu’il participe à un exercice d’entraînement des Forces armées canadiennes (Reproduit des médias sociaux par Radio Canada International)

Le soutien militaire du Canada à l’Ukraine a augmenté de façon exponentielle à mesure que Washington et Ottawa ont défini des objectifs de guerre de plus en plus ambitieux. Depuis janvier, le Canada s’est engagé à fournir à Kiev une aide militaire d’une valeur de 618 millions de dollars, y compris des armes lourdes, d’ici mars prochain. Le gouvernement libéral de Trudeau a également mené la charge pour une guerre économique totale contre la Russie. Travaillant en tandem avec le régime conservateur britannique, il a fait pression pour que la Russie soit exclue du système bancaire SWIFT et que les actifs de la banque centrale russe soient saisis.

Le rôle belliqueux du Canada en Ukraine est conforme à sa participation aux trois dernières décennies de guerres d’agression menées par les États-Unis dans les Balkans, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Ces guerres étaient invariablement justifiées par des mensonges sur les «armes de destruction massive», la prévention des génocides ou la protection de personnes vulnérables. Mais leur véritable objectif était de dominer le Moyen-Orient, riche en pétrole, et de projeter le pouvoir impérialiste américain et occidental sur la masse continentale eurasienne, d’une importance géostratégique capitale.

Derrière un barrage de propagande de guerre et d’allégations incendiaires de «génocide» calculées pour rendre impossible toute désescalade du conflit, la classe dirigeante canadienne poursuit ses propres objectifs économiques et géopolitiques prédateurs. Dans le contexte d’une crise capitaliste mondiale systémique, elle est déterminée à renforcer son alliance militaro-sécuritaire avec Washington, vieille de huit décennies, qu’elle juge essentielle pour garantir et étendre ses vastes intérêts impérialistes mondiaux. Le Canada, qui a déployé des troupes en Sibérie en 1919 dans le cadre de la tentative impérialiste de renverser le gouvernement ouvrier révolutionnaire de Lénine et Trotsky, a également sa propre rivalité stratégique avec la Russie. Cela est particulièrement vrai dans l’Arctique, où le changement climatique rend l’exploitation des ressources naturelles et des voies maritimes de plus en plus viable.

Mais il y a un troisième facteur important qui favorise le rôle démesuré de l’impérialisme canadien dans la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie: l’alliance de longue date de l’État canadien avec l’extrême droite ukrainienne et le soutien qu’il lui accorde.

Dans les années qui ont immédiatement suivi la chute du Troisième Reich, l’État canadien a donné asile à des dizaines de milliers de membres et de partisans des deux factions rivales de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), et ce, malgré les avertissements spécifiques selon lesquels il donnait refuge aux complices d’Hitler dans d’horribles crimes de guerre. L’OUN Melnyk (M) et l’OUN Bandera (B) ont toutes deux collaboré avec les nazis et cherché à obtenir leur appui. Les membres de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), créée en 1943 par l’aile Stepan Bandera de l’OUN, ont été accueillis à bras ouverts au Canada, malgré le rôle de l’UPA dans le meurtre de dizaines de milliers de Juifs et de Polonais. Il en va de même pour les membres de la 14e division de grenadiers de la Waffen SS, la «division Galice», même si les procès de Nuremberg avaient conclu que la Waffen SS était une organisation criminelle dans son ensemble, en raison de son rôle de division armée du parti nazi et de la perpétration systématique de meurtres de masse et d’autres crimes de guerre.

L’État et l’establishment politique canadiens ont par la suite encouragé et aidé les émigrés fascistes ukrainiens et leurs descendants politiques à blanchir leurs crimes. Suivant un scénario élaboré par la CIA, qui, après 1945, a utilisé les vestiges de l’UPA de Bandera pour monter une insurrection contre l’Union soviétique, un nouveau récit a été construit. Il dépeignait les nationalistes ukrainiens d’extrême droite comme des combattants de la «libération nationale» et des victimes du nazisme et du «communisme impie», et non comme des fascistes et des complices de l’Holocauste.

Depuis lors, l’impérialisme canadien a utilisé ces forces ultra-réactionnaires dans la poursuite de ses objectifs de politique étrangère et intérieure. En retour, elles en sont venues à exercer une influence politique significative.

Avec le soutien de l’État, les nationalistes ukrainiens d’extrême droite en sont venus à dominer politiquement l’importante communauté d’immigrants ukrainiens du Canada, jusqu’alors largement identifiée aux politiques socialistes et de gauche. Ils ont servi de rempart à la politique étrangère canadienne de la guerre froide, en alimentant une hostilité virulente à l’égard de l’Union soviétique, tout en promouvant, par le biais d’un réseau d’organisations ethnoculturelles soutenues par le gouvernement, un nationalisme exclusif qui célébrait explicitement les collaborateurs fascistes ukrainiens des nazis. À la fin des années 1980 et dans les années 1990, les forces d’extrême droite ukraino-canadiennes incubées par l’impérialisme canadien ont été redéployées: d’abord pour faire pression en faveur de la restauration capitaliste et de la dissolution de l’Union soviétique, puis pour soutenir l’arrimage de l’Ukraine «indépendante» à l’OTAN et à l’UE.

Le Congrès ukrainien canadien (UCC) est depuis longtemps le point de convergence de la collaboration entre l’État canadien et les nationalistes ukrainiens d’extrême droite. Comme l’indique le site Web de l’UCC, il s’agit d’une organisation parrainée par l’État depuis ses débuts. Il a été créé en 1940 sous les auspices du ministère de la Guerre du Canada sous le nom de Comité ukrainien canadien.

Les dirigeants de l’UCC bénéficient d’un accès facile aux plus hauts niveaux du gouvernement et des membres éminents de l’UCC accompagnent fréquemment les premiers ministres et autres hauts fonctionnaires lors de leurs visites en Ukraine. Ainsi, en 2016, lorsque le premier ministre Justin Trudeau a proclamé à Kiev que les Forces armées canadiennes formaient les forces de sécurité ukrainiennes pour les rendre «plus efficaces» dans la «reconquête» de l’est de l’Ukraine et de la Crimée, Paul Grod, alors président de l’UCC, était à ses côtés.

L’UCC défend sans complexe les actions de la division Galice de la Waffen SS. Il se vante fièrement depuis des décennies de l’affiliation de diverses associations canadiennes d’anciens combattants de la division Galice à l’UCC. Cependant, sa promotion du nationalisme ukrainien d’extrême droite s’est concentrée sur la célébration de l’OUN (B), de Stepan Bandera, le führer de style fasciste qui l’a dirigée de sa fondation en 1940 jusqu’à sa mort en 1959, et de l’UPA fondée et dirigée par l’OUN.

L’historien ukrainien-canadien John-Paul Himka a décrit en 2010 l’UCC comme «les gardiens de la flamme (de l’OUN-UPA)», qui ont «placé la glorification de ces nationalistes de droite radicale au centre même du projet d’identité nationale ukrainienne». Plus récemment, il a déclaré à Radio-Canada International: «Un grand nombre d’organisations communautaires sont dirigées par la faction Bandera de l’Organisation des nationalistes ukrainiens.»

La vice-première ministre du Canada tenant une bannière fasciste associée à l’OUN (Bandera)

L’alliance entre l’impérialisme canadien et le fascisme ukrainien s’incarne de la manière la plus frappante dans la personne de Chrystia Freeland, vice-première ministre, ministre des Finances et principale architecte de la politique étrangère «féministe» du Canada. Freeland a été l’un des plus ardents défenseurs, au sein des gouvernements impérialistes occidentaux, de la guerre économique totale contre la Russie, et a mené la campagne au sein du gouvernement libéral Trudeau pour que l’Ukraine soit approvisionnée en armes lourdes. Elle joue un rôle actif dans la politique intérieure de l’Ukraine, ayant convaincu Zelensky en janvier de ne pas emprisonner son prédécesseur pro-américain, l’oligarque Petro Porochenko. Dans le même temps, elle sert d’interlocuteur haut placé entre Washington et ses clients de Kiev. Selon Freeland, elle s’entretient quotidiennement avec le premier ministre et le ministre des Finances ukrainiens.

Dans un article de 2015 intitulé «Le grand mensonge de Poutine», Freeland s’est décrite comme un «membre fier» de la communauté ukrainienne canadienne. Elle a écrit: «Mes grands-parents maternels ont fui l’Ukraine occidentale après qu’Hitler et Staline ont signé leur pacte de non-agression en 1939. Ils n’ont jamais osé y retourner, mais ils sont restés en contact étroit avec leurs frères et sœurs et leurs familles, qui sont restés sur place. Pour le reste de leur vie, mes grands-parents se sont considérés comme des exilés politiques ayant la responsabilité de maintenir en vie l’idée d’une Ukraine indépendante, qui avait existé pour la dernière fois, brièvement, pendant et après le chaos de la révolution russe de 1917. Ce rêve a persisté jusqu’à la génération suivante, et dans certains cas jusqu’à la génération d’après.»

Cette histoire – qu’elle a souvent répétée, souvent accompagnée d’hommages touchants à son grand-père et au rôle qu’il a joué dans son éducation à la culture et au nationalisme ukrainiens – est un faux récit politiquement motivé. En bref, un mensonge.

Chrystia Freeland encourage le mensonge selon lequel son grand-père collaborateur nazi, Mykhailo Chomiak, et plus généralement les fascistes ukrainiens de l’OUN étaient des «victimes du nazisme et du communisme» (Twitter)

Le grand-père maternel de Freeland, Mykhailo Chomiak, était un collaborateur nazi influent et grassement récompensé. Pendant cinq ans, du début de 1940 aux premiers mois de 1945, il a édité le seul journal en langue ukrainienne de la Pologne occupée par les nazis. Krakivs’ki Visti (Nouvelles de Cracovie) faisait l’éloge d’Adolph Hitler, célébrait la guerre d’extermination nazie contre l’Union soviétique, encourageait la haine envers les Juifs et encourageait la formation de la division ukrainienne ou «division Galicie» de la Waffen SS. Il était imprimé sur une presse volée à un Juif qui a péri dans un camp de la mort nazi.

Chomiak était membre de l’OUN (M), dont Bandera et ses partisans se sont séparés en 1940. L’OUN (M) était encore plus disposée à servir directement et servilement les nazis que l’OUN (B). Elle le faisait par le biais du Comité central ukrainien (UTsK), qui se déguisait en organisation d’aide sociale pour éviter l’interdiction des organisations politiques par les nazis. Le dirigeant de l’UTsK, Volodymyr Kubijovych, était l’éditeur de Krakivs’ki Visti. Lorsque la 14e division de grenadiers de la Waffen SS, appelée division Galice, a été créée au début de 1943, Kubijovych a été son premier membre officiellement enrôlé.

Après la guerre, Chomiak et Kubijovych ont vécu sur des continents différents, mais ils ont entretenu une correspondance permanente sur la promotion de la cause nationaliste ukrainienne. Leur collaboration n’a pris fin qu’avec la mort du grand-père de Freeland en 1983.

Lorsque l’ascendance politique de Freeland a été révélée en 2017, elle et le gouvernement Trudeau l’ont sèchement rejetée en la qualifiant de «désinformation russe.» Ils ont rapidement été rejoints par l’ensemble de l’establishment politique et des médias bourgeois. Freeland, avec la complicité des conservateurs et du NPD de l’opposition, a effrontément refusé de discuter du rôle de son grand-père bien-aimé.

Le Globe and Mail, l’Ottawa Citizen, le National Post et d’autres quotidiens importants ont publié des reportages qui concédaient que Chomiak avait édité un journal dans la Pologne occupée par les nazis. Cependant, ces comptes-rendus faisaient partie d’un ensemble d’informations soigneusement contrôlées. Ils minimisaient et dissimulaient le rôle de Krakivs’ki Visti dans la promotion du soutien à la guerre d’extermination nazie contre l’URSS et dans l’incitation à la haine envers les Juifs, les nazis ayant perpétré l’Holocauste avec l’aide des fascistes ukrainiens. Il a même été suggéré qu’aussi lamentable qu’ait été le soutien de Krakivs’ki Visti à la guerre nazie à l’Est, il avait contribué à la préservation de la culture ukrainienne!

Les médias bourgeois du Canada n’avaient aucun intérêt à enquêter sur l’ascendance politique de Freeland, ni à la placer dans un contexte historique plus large. Aucun d’entre eux n’a assigné un journaliste ou commandé un historien pour examiner les archives de Krakivs’ki Visti ou pour examiner le rôle du Canada dans l’offre d’un refuge à des dizaines de milliers de nationalistes ukrainiens collaborateurs des nazis. Les activités éditoriales de Chomiak pendant la Seconde Guerre mondiale ont été universellement dépeintes comme une anecdote historique, sans aucun rapport avec les événements contemporains.

Ni les médias ni l’establishment politique ne pouvaient admettre, et encore moins tolérer, une enquête sérieuse sur le patronage de longue date de l’État canadien envers l’extrême droite ukrainienne. Une telle enquête aurait inévitablement jeté la lumière sur les fascistes en Ukraine, ainsi que sur leurs mentors idéologiques canadiens et ceux avec qui Ottawa coopère maintenant si étroitement dans la guerre de l’OTAN pour protéger l’«indépendance» et la «démocratie» ukrainiennes.

Les relations à explorer ne manquent pas: de l’utilisation par les États-Unis et le Canada de fascistes ukrainiens comme troupes de choc lors du coup d’État de 2014 à la formation par les Forces armées canadiennes des fascistes intégrés dans les forces armées ukrainiennes, en passant par la promotion idéologique et matérielle par l’UCC, parrainée par l’État, de l’extrême droite ukrainienne et de son nationalisme exclusiviste et virulemment anticommuniste.

Freeland s’associe régulièrement à l’héritage, aux symboles et aux rituels des fascistes ukrainiens de la Seconde Guerre mondiale. En 2016, elle a conclu une allocution principale devant l’UCC en amenant ses membres à chanter la salutation banderiste «Gloire à l’Ukraine! Gloire aux héros!» Elle s’est exprimée devant la Ligue des Canadiens ukrainiens, qui a été fondée par des cadres de l’OUN (B) et de l’UPA en 1949, et qui se consacre encore aujourd’hui à la propagation du nationalisme ukrainien d’extrême droite et à la dévotion culturelle au fasciste Bandera. Quelques jours seulement après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Freeland a affiché ses couleurs politiques en participant à une manifestation «Sauvez l’Ukraine», brandissant la bannière rouge et noire de l’OUN.

L’ascendance politique de Freeland et, surtout, sa fusion du «libéralisme» avec le fascisme ukrainien, passé et présent, n’ont en rien entravé son ascension politique. Au contraire, sa cote politique n’a fait qu’augmenter, soulignant une fois de plus que l’impérialisme canadien est plus que prêt à s’aligner avec les forces les plus réactionnaires dans la poursuite de ses objectifs et ambitions prédateurs.

Un article récent du Toronto Star, quotidien soi-disant libéral, intitulé «La croisade de Freeland a commencé en Alberta», déclarait: «Ses grands-parents sont venus au Canada en tant que réfugiés et maintenant leur petite-fille est une figure clé dans la lutte pour sauver leur patrie. Cela en dit long sur Freeland, mais aussi sur le genre de pays que le Canada aspire à être.

«Que ce soit le destin ou une coïncidence, nous avons la chance d’avoir quelqu’un d’aussi résolu et d’aussi compétent au bon endroit et au bon moment.»

Le destin ou la coïncidence n’y sont pour rien. La position de Freeland en tant que second de l’État impérialiste canadien et successeur probable de Justin Trudeau en tant que première ministre est le résultat de l’alliance de plusieurs décennies entre l’État canadien et les nationalistes ukrainiens d’extrême droite.

La mise à nue de cette collaboration devant les travailleurs au Canada et à l’échelle internationale est un élément essentiel dans la lutte pour construire un mouvement mondial contre la guerre impérialiste.

Les élites dirigeantes des puissances de l’OTAN s’appuient sur une vaste campagne de propagande et sur l’ignorance des questions historiques en jeu pour présenter leur volonté prédatrice de dépecer la Russie comme une croisade pour la «démocratie» et les «droits de l’homme». En documentant les antécédents historiques de leurs alliés fascistes ukrainiens et les traditions ultra-réactionnaires qu’ils évoquent et cherchent à faire revivre, les travailleurs pourront couper court à cette propagande, s’opposer à l’agression de l’OTAN et reprendre le combat contre la guerre impérialiste et sa source dans le système de profit capitaliste.

Les parties suivantes de cet article examineront les actions et l’idéologie des fascistes ukrainiens alliés d’Hitler auxquels l’impérialisme canadien a donné refuge après la Seconde Guerre mondiale. Cela comprendra un examen de la propagande pro-nazie et des exhortations antisémites de Krakivs’ki Visti et des activités politiques de ses éditeurs, ainsi que des archives de l’OUN (B) et de l’UPA de Bandera. La quatrième partie documentera le soutien que l’État canadien a apporté aux fascistes ukrainiens pour dissimuler leur participation au nettoyage ethnique et au génocide, et pour développer une vaste infrastructure d’organisations culturelles et universitaires dédiées à la promotion du nationalisme ukrainien d’extrême droite. «Les amis fascistes de l’impérialisme canadien» abordera ensuite le rôle joué par les forces d’extrême droite incubées par l’impérialisme canadien pour faire pression en faveur de la restauration capitaliste en Union soviétique et de la transformation de l’Ukraine «indépendante» en vassal des puissances impérialistes occidentales. Il se terminera en montrant comment Ottawa et les Forces armées canadiennes ont travaillé avec ces forces d’extrême droite, tant au Canada qu’en Ukraine, pour préparer et fomenter la guerre avec la Russie.

(Article paru en anglais le 16 mai 2022)

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