Le néo-maccarthysme des démocrates fait écho aux attaques anticommunistes des années 1950 contre le mouvement des droits civiques

Par Fred Mazelis
20 novembre 2017

Un maccarthysme du 21e siècle a émergé ces derniers mois, sous la forme d’une campagne frénétique menée par le Parti démocrate, qui prétend que « l’ingérence russe » est responsable non seulement de la défaite de Hillary Clinton aux élections de 2016, mais aussi de l’instigation ou de l’approfondissement des divisions sociales, raciales et politiques aux États-Unis.

Le langage des principaux démocrates aujourd’hui a plus qu’une ressemblance passagère avec celui du sénateur républicain du Wisconsin, Joseph McCarthy, il y a plus de 60 ans. À l’époque il s’agissait « des communistes sous le lit » qui représentaient une menace imminente pour le « mode de vie américain ». Aujourd’hui, on nous dit que les « trolls » d’Internet à la solde de Poutine sont responsables de la colère de la classe ouvrière contre l’inégalité, la corruption politique et la violence policière. Dans les années 1950, McCarthy exigeait que les médias extirpent les subversifs. Aujourd’hui, les principaux démocrates au Congrès exigent que Facebook, Google et YouTube donnent des informations sur leurs usagers et censurent leur contenu.

Joseph McCarthy

Selon les démocrates, Moscou subvertit la démocratie américaine, notamment en s’invitant dans des élections censées être des modèles de souveraineté populaire – cela sept ans après que la décision « Citizens United » de la Cour suprême des États-Unis ait affirmé ouvertement ce dont tout le monde se doutait déjà : la démocratie bourgeoise américaine est une coquille vide, dans laquelle les élections sont réduites à un choix entre les candidats de deux partis de droite officiellement favorisés par le système électoral et qui sont contrôlés tous les deux par l’oligarchie financière.

[Cette décision avait permis à des individus et des entreprises d’établir des organisations afin de financer la campagne d’un candidat tant qu’elles n’avaient aucun lien direct avec le candidat ou son parti. Ironiquement, la décision a été justifiée par les juges en citant le Premier Amendement de la Constitution qui protège la liberté d’expression – c’est-à-dire, pour ceux qui peuvent se la payer.]

Un autre ingrédient de la campagne anti-Russie est la récente accusation selon laquelle des individus et des pages web liées à la Russie se sont positionnés en tant que partisans du mouvement « Black Lives Matter » et des manifestations contre la violence policière. Le Baltimore Sun et d’autres organes de presse ont cité un reportage sur une page Facebook appelée « Blacktivist », qui avait promu un rassemblement l’année dernière pour marquer le premier anniversaire de la mort de Freddie Gray aux mains de la police. Il s’agirait d’une tentative du Kremlin d’« intensifier les tensions raciales durant la campagne présidentielle de 2016 », comme si les nombreuses protestations nationales étaient simplement le produit de cet infâme adversaire qu’est Moscou.

La diabolisation de la Russie fait partie de l’attaque du Parti démocrate contre Trump depuis la droite. Plutôt que de mettre l’accent sur sa rhétorique fascisante, sa xénophobie et ses attaques contre la classe ouvrière, les démocrates ont cherché à prouver leur loyauté patriotique, à assurer une ligne dure contre la Russie et à construire une atmosphère de nationalisme au milieu des tensions géopolitiques mondiales. De plus en plus, cette campagne est dirigée contre les sites et organisations de gauche, dans le but de criminaliser la dissidence.

Des millions de travailleurs et de jeunes, aux États-Unis et dans le monde entier, en savent relativement peu sur l’hystérie anticommuniste des années 1950 aux États-Unis et la chasse aux sorcières associée le plus souvent au nom de McCarthy. Les partisans actuels d’un second « Gilded Age » [l’« âge d’or » de l’après-Guerre de sécession] et les partisans des guerres impérialistes dénoncent souvent pieusement le maccarthysme, même lorsqu’ils mènent leurs propres campagnes néo-maccarthystes.

Le maccarthysme a servi au milieu du XXᵉ siècle à attiser le nationalisme et un ultra-patriotisme de droite. Les accusations de subversion soviétique ou communiste, d’infiltration et de désinformation sont alors devenues le prétexte de la chasse aux sorcières contre Hollywood, les universités et le mouvement ouvrier. De nombreuses personnes y ont perdu leur emploi, on vu leur vie ruinée, la classe ouvrière en est sortie divisée et affaiblie. Ce qui a commencé en 1947 avec l’insistance du président Truman sur les serments de loyauté pour les employés fédéraux a conduit en quelques années à l’apogée du démagogue du Wisconsin, dont la Sous-commission permanente des enquêtes du Sénat est devenue le plus grand promoteur de cette chasse aux sorcières.

Une marche pour les droits civiques

L’anticommunisme n’a pas commencé avec la propre carrière politique de McCarthy ni ne s’est terminé avec sa chute politique en 1954, après que l’establishment politique et économique a conclu qu’il avait perdu toute utilité et qu’il fut censuré par le Sénat. La première vague de l’hystérie anticommuniste vint immédiatement après la Révolution russe il y a un siècle et l’anticommunisme a toujours été une caractéristique de la vie politique américaine, parfois à un niveau inférieur et à d’autres moments, comme pendant le maccarthysme, atteignant un paroxysme.

Comme l’explique Yasuhiro Katagiri dans son livre, Black Freedom, White Resistance and Red Menace (la liberté noire, la résistance blanche et la menace rouge, non traduit) : « Même après la disparition du sénateur du Wisconsin de l’arène politique nationale, les legs lamentables du maccarthysme – l’utilisation égoïste et abusive du ouï-dire et de l’insinuation, l’indifférence délibérée à l’évidence et les cris stridents sur la “conspiration communiste” utilisés pour attaquer la légitimité des adversaires – ont survécu à leur inventeur original et sont restés une partie de la scène politique nationale. Au sud [des États-Unis], le maccarthysme prit le plus souvent une forme raciste ».

L’accusation de subversion étrangère était dirigée contre toutes les luttes de la classe ouvrière, dans les grèves et l’organisation syndicale et dans la lutte contre la ségrégation « Jim Crow » (des lois locales votées pour imposer la ségrégation dans le sud des États-Unis vers la fin du 19ᵉ siècle qui sont restées en vigueur jusqu’en 1965). Bien que cela reste peu connu, le fait que le mouvement des droits civiques fut aussi la cible de cette campagne anticommuniste est une partie importante de cette histoire.

Un rôle majeur a été joué par le Parti démocrate dans le sud des États-Unis, auquel le gouvernement de Franklin Roosevelt dans les années 1930 n’a pas cherché à s’opposer. Un excellent exemple des activités des démocrates du sud se trouve dans les débuts de l’histoire de la commission spéciale de la Chambre sur les activités antiaméricaines.

Cette commission, fondée en 1938, censée examiner les activités nazies et fascistes, se tourna presque exclusivement vers la chasse aux socialistes et aux communistes. Elle a été rebaptisée commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants (HUAC) en 1945 et a continué ses opérations durant les 30 années suivantes.

Lors de sa fondation, elle était présidée par Martin Dies, un député démocrate du Texas, et elle devint rapidement connue sous le nom de « Commission Dies ». Le livre de Dies, : The Trojan Horse in America (1940, Le cheval de Troie en Amérique, non traduit) affirmait : « Moscou a longtemps considéré les Noirs des États-Unis comme d’excellentes recrues politiques pour le Parti communiste, et il a envisagé une occasion inhabituelle de créer une haine raciale entre les citoyens blancs et noirs des États-Unis. »

Comparez ces mots aux affirmations actuelles, faites principalement par les démocrates à Washington, comme le Californien Adam Schiff, un membre Démocrate de la commission du Congrès sur les renseignements, que la Russie utilise Internet pour promouvoir « la discorde aux États-Unis en enflammant les passions sur toute une gamme de questions qui divisent », y compris chercher à « mobiliser de vrais Américains pour signer des pétitions en ligne et se joindre aux rassemblements et aux protestations ».

1954 fut l’année de la décision de la Cour suprême interdisant la ségrégation dans les écoles publiques du pays. Les premiers mouvements de masse du mouvement des droits civiques au sud des États-Unis étaient également en train d’émerger. Le boycott des autobus de Montgomery, en Alabama, a été lancé plus tard dans l’année pour lutter contre la ségrégation et contre la discrimination dans les transports en commun.

Les représentants politiques de la ségrégation ont mené une politique de « résistance massive » à l’intégration raciale. Outre les arrestations massives et les passages à tabac de manifestants, ainsi que les assassinats de militants des droits civiques comme Medgar Evers, Viola Liuzzo et bien d’autres, une croisade idéologique et politique fut lancé contre une prétendue « infiltration et subversion communiste ».

Paradoxalement, l’éclipse de McCarthy au Sénat insuffla une nouvelle vie à l’HUAC à la Chambre. Cette commission a alors porté ses efforts sur les organisateurs du mouvement des droits civiques et leurs partisans libéraux dans le sud [des États-Unis], qui ont été dépeints comme des « idiots utiles », qui se laissaient manipuler par la conspiration communiste dirigée par Moscou.

Les accusations de subversion, attribuées à des agitateurs extérieurs, ont été un élément de base de la campagne en faveur de la ségrégation. Dans les coulisses, une grande partie de la chasse aux sorcières était l’œuvre des partisans de la ségrégation dans le nord des États-Unis, des hommes comme J.B. Matthews, dont l’odyssée politique l’a arraché au pacifisme religieux, à travers une brève association avec le Parti communiste américain au début des années 1930 jusqu’à une carrière en tant que meneur de l’extrême droite anticommuniste. Mathews a été le directeur de recherche et le conseiller de la commission Dies pendant plus de six ans, de la fin des années 1930 au milieu des années 1940. Sa carrière ultérieure a couvert la période de la chasse aux sorcières de McCarthy et de la campagne ségrégationniste tout au long des années 1950 et d’une partie des années 1960.

Matthews n’était pas une figure insignifiante pendant cette période. À la suite de la crise de la déségrégation de l’école de Little Rock en Arkansas en septembre 1957, par exemple, il prépara un rapport intitulé « Les communistes, les noirs et l’intégration » pour l’empire médiatique Hearst Corporation. Selon Matthews, le problème était que les communistes étaient « à l’œuvre, avec leur dévouement habituel et fanatique, pour créer des problèmes dans le domaine de l’intégration des écoles publiques ».

À chaque moment de la décennie entre le boycott des bus de Montgomery et l’adoption de la loi sur les droits de vote en 1965, dix ans plus tard, la lutte pour les droits civiques fut attaquée comme étant l’œuvre d’agents étrangers d’une puissance hostile. De Little Rock en 1957 aux occupations des restaurants en 1960, aux « Voyages de la liberté » contestant la ségrégation des autobus inter-États en 1961, à Washington en 1963 et à la campagne d’enregistrement des électeurs du Mississippi de « L’été de la liberté » en 1964, Matthews et d’autres sortaient en permanence des communiqués de presse, des listes noires et noms de prétendus conspirateurs et des « dupes » des communistes.

Une grande partie de la campagne anticommuniste fut menée par ce qu’on appela les « petits HUACs », comités législatifs « sur les activités non-américaines » des États du sud en Louisiane, au Mississippi, en Alabama, en Géorgie, en Floride et au Tennessee, qui utilisèrent les techniques de la chasse aux sorcières pour défendre la ségrégation.

En Louisiane, par exemple, la commission législative paritaire [réunissant membres du Sénat et de la Chambre de cet État] a organisé des auditions en mars 1957, présentant un ex-membre noir du parti communiste comme une « autorité nationale sur les influences provoquant une soudaine recrudescence des troubles entre les races ».

À leurs propres fins, les traqueurs racistes ciblaient l’Association nationale pour l’avancement du peuple de couleur (NACCP), qui reflétait les points de vue des éléments les plus conservateurs et anticommunistes et avait mené sa propre purge d’éléments de gauche. En Géorgie, le procureur général, Eugene Cook, a déclaré en 1955 que la NACCP s’était « devenue une partie intégrante de la conspiration communiste […] provoquant des conflits et des discordes entre les races blanches et nègres du sud [des États-Unis] ».

Cette campagne s’est poursuivie sans interruption dans les années 1960. Au cours de l’été 1961, au moment des « Voyages de la liberté », divers responsables du Mississippi, dont un membre du Congrès américain, John Bell Williams, ont participé à des émissions de radio en déclarant, selon les termes du procureur général, qu’« il n’y a absolument aucun doute » que les « Voyages de la liberté » étaient l’œuvre des communistes.

À cette période de la guerre froide, de nombreux politiciens républicains et démocrates du Nord critiquaient la ségrégation dans le sud, bien qu’ils n’aient absolument rien fait jusqu’à ce que le mouvement de masse du début des années 1960 commence à les forcer. Pendant tout ce temps, cependant, J. Edgar Hoover est resté en poste au FBI, et le rôle de Hoover fut d’une certaine manière encore plus sinistre que celui de McCarthy. Hoover a cultivé des relations avec tous ceux qui ont occupé la Maison-Blanche au cours de ces décennies, tout en encourageant les éléments les plus ouvertement racistes du sud. Le racisme pathologique et l’anticommunisme virulent de Hoover, qui fut à la tête des renseignements intérieurs pendant 48 ans jusqu’à sa mort en 1972, sont bien connus. Hoover partageait la conviction des « Dixiecrats » (les démocrates de droite du sud des États-Unis) que le mouvement des droits civiques était « d’inspiration communiste ».

J. Edgar Hoover avec le président américain Lyndon Johnson

La chasse aux sorcières de MacCarthy n’était pas simplement le produit de ce démagogue du Wisconsin. Elle n’aurait pas pu avoir lieu si elle n’avait pas correspondu aux besoins du capitalisme américain pendant la guerre froide contre l’Union soviétique. Elle était utilisée pour intimider toute opposition et chasser les socialistes du mouvement ouvrier industriel qui s’était formé dans les luttes de masse moins de dix ans et demi plus tôt. Cette campagne a été utilisée pour mettre la nation sur un pied de guerre contre l’URSS. Lorsque la guerre froide est devenue moins intense au milieu des années 1950, le maccarthysme a quelque peu diminué, tout en restant en réserve.

Les sections dominantes de la bourgeoisie américaine ont conclu à cette époque que la ségrégation au sud [des États-Unis] était incompatible avec les intérêts de la classe dirigeante dans son ensemble. Aux yeux des éléments libéraux, il était dommageable à la lutte idéologique et politique contre l’Union soviétique et la Chine dans le « Tiers-Monde ». Avec un succès considérable, les régimes staliniens de Moscou et de Pékin désignaient le système du sud des États-Unis, semblable à l’apartheid, comme preuve de la brutalité et de la répression du capitalisme américain, ainsi que de l’hypocrisie des dénonciations de Washington contre le « totalitarisme » communiste.

Il y avait aussi des facteurs économiques qui s’opposaient à la poursuite de l’acceptation officielle de la ségrégation. Les grandes entreprises américaines ont vu des occasions d’investissement dans cette région, mais la ségrégation dans les logements publics et le système éducatif venaient gêner ces projets.

Ces processus – surtout, combinés avec le mouvement de masse pour les droits civils dans le sud – ont finalement conduit au démantèlement de la ségrégation dans les années 1960, près d’un siècle après la fin de l’esclavage. La chasse aux sorcières des « petits HUAC » pendant cette période jouait le rôle d’arrière-garde. Ce résultat, cependant, ne nie nullement la signification historique de l’amoindrissement de la lutte pour les droits civiques. Cet épisode démontre comment la technique reste le fonds de commerce de la réaction.

La situation politique mondiale a bien sûr changé considérablement au cours du dernier demi-siècle. La dégénérescence prolongée de l’Union soviétique sous le stalinisme a conduit à sa dissolution il y a plus d’un quart de siècle. Pourquoi alors la propagande anti-Russie éhontée, avec tous ce qu’elle peut rappeler de l’anticommunisme du milieu du 20ᵉ siècle, est-elle réapparue ?

Un capitalisme oligarchique a pris forme dans l’ex-URSS, mais il est néanmoins toujours perçu comme un obstacle aux objectifs et aux intérêts géopolitiques d’un impérialisme américain en déclin et en crise. Cela fait partie de la raison du renouveau du maccarthysme, avec sa diabolisation de Moscou comme la cause de pratiquement toutes les tensions et crises aux États-Unis. Pour la première fois depuis au moins trois décennies, les médias et l’establishment politique américains sont absorbés dans une campagne contre un « adversaire étranger », en exigeant une loyauté totale contre cette « menace étrangère ».

Derrière la campagne anti-Poutine, il y a surtout la peur au sein de la classe dirigeante américaine de la colère grandissante de la classe ouvrière, une colère qui menace de faire sauter le monopole politique bipartite que l’aristocratie patronale et financière a contrôlée pendant des générations. La mesure de la profondeur de l’évolution aiguë vers la droite qu’a prise tout le spectre politique bourgeois au cours des deux dernières générations se voit dans le fait que ce soient les démocrates qui sont à l’avant-garde du nouveau maccarthysme d’aujourd’hui.

Ce mouvement de droite touche également les politiciens afro-américains et une couche de ces « activistes » noirs qui ont été désignés par les médias et des sections du Parti démocrate comme les porte-parole de la lutte contre la violence policière et les autres attaques contre les travailleurs et la jeunesse afro-américains.

Les dirigeants du « Caucus noir » au Congrès [rassemblement des élus noirs, plutôt réservé aux démocrates] se sont joints aux représentants du mouvement « Black Lives Matter » (les vies des noirs comptent) pour faire écho à la sale rhétorique des politiciens suprématistes blancs des années 1950 et 1960. Au lieu de rejeter avec mépris la tentative de transformer les manifestations contre la violence policière en une autre justification des objectifs de la politique étrangère de l’impérialisme américain, ils les ont embrassés.

DeRay McKesson, par exemple, une membre en vue de « Black Lives Matter », un aspirant démocrate au poste de maire de Baltimore lors des élections de l’an dernier, a été cité dans le Baltimore Sun comme mettant en garde contre ceux qui « ont vraiment nié l’existence de l’influence russe ces derniers mois. Ceci est un rappel que cela va plus loin que certaines personnes veulent le croire. »

Et Terrell Jermaine Starr, écrivant dans The Root, a accepté sans réserve la campagne visant à diaboliser la Russie. « Les Soviétiques ne nous aimaient pas à l’époque, et la Russie de Poutine prouve certainement qu’elle ne nous aime pas maintenant », écrit-il, indiquant clairement que la campagne contre le racisme et la violence policière doit être subordonnée aux entreprises américaines et aux politiciens du Parti démocrate vendus à Wall Street. Comme le démontre ce soutien éhonté à la lignée des agences de renseignement américaines, McKesson, Starr et des personnalités similaires reflètent les intérêts d’une couche de la classe moyenne supérieure, et non ceux des travailleurs et des jeunes afro-américains.

La criminalisation de la dissidence est une entreprise bipartite. Malgré les divergences tactiques les plus amères, l’élite dirigeante américaine est unie sur la nécessité d’affronter la classe ouvrière. Cela inclut le fait de diriger vers l’extérieur les tensions sociales bouillonnantes dans des conditions d’inégalité sociale record.

Trump et les démocrates rivalisent pour mener la nouvelle chasse aux sorcières. Alors que Trump encourage les éléments fascistes et parle en termes non équivoques de dictature et de guerre, les démocrates jouent la carte anti-Russie, claironnant leurs liens avec les services de renseignement et les hauts gradés de l’armée et menant la charge pour faire censurer toute opposition venant de leur gauche.

Le nouveau maccarthysme est une attaque directe contre les droits démocratiques et vise avant tout la classe ouvrière. La lutte contre ce phénomène nécessite de comprendre ses précédents historiques, d’éduquer et d’armer politiquement la classe ouvrière pour la lutte contre le système capitaliste en déclin.

(Article paru d’abord en anglais le 17 novembre 2017)