Pour le centenaire de la Révolution d’octobre

Par David North
9 novembre 2017

Il y a cent ans mardi, dans la matinée du 7 novembre 1917, le Comité militaire révolutionnaire du Soviet de Petrograd, présidé par Léon Trotsky, publiait une proclamation aux citoyens de la Russie :

Le gouvernement provisoire a été renversé. Le pouvoir est passé aux mains de l’organe du Soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd, le Comité militaire révolutionnaire, qui se tient à la tête du prolétariat et de la garnison de Petrograd.

La cause pour laquelle le peuple a lutté — l'offre immédiate d'une paix démocratique, l'abolition de la propriété foncière des propriétaires, le contrôle des travailleurs sur l'industrie, la création d'un gouvernement soviétique — est assurée !

Vive la révolution des ouvriers, des soldats et des paysans ! 

Vladimir Lenin

Plus tard dans l’après-midi, Lénine — qui avait dû se cacher alors que le gouvernement provisoire bourgeois le dénonçait en tant que criminel trois mois plus tôt — reçut une ovation bruyante en entrant dans la salle où se réunissaient les délégués soviétiques. Le journaliste socialiste américain John Reed, témoin de ces événements extraordinaires, nous a laissé une description mémorable du dirigeant bolchevik, « aimé et adoré comme peut-être peu de dirigeants dans l’histoire ». Lénine, écrivait-il, était un « étrange leader populaire... un chef purement par vertu de son intellect », et de son « pouvoir d’expliquer des idées profondes en termes simples, d’analyser une situation concrète. Il alliait à sa perspicacité, la plus grande audace intellectuelle ».

Après s'être dirigé jusqu'au lutrin devant la salle, Lénine commença ainsi son discours aux délégués : « Camarades, la révolution ouvrière et paysanne, la nécessité dont les bolcheviks ont toujours insisté, a été accomplie ».

La Russie adhérait encore au vieux calendrier julien, et le renversement du gouvernement provisoire entra dans l’histoire comme la Révolution d’octobre. Mais malgré les 13 jours de retard du calendrier russe sur l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord, la prise du pouvoir par les bolcheviks a catapulté la Russie au devant de la scène mondiale. L’insurrection menée par les bolcheviks était l’aboutissement d’une lutte commencée huit mois plus tôt, en février 1917, avec le renversement de l’autocratie tsariste qui régnait sur la Russie depuis plus de 300 ans.

Des femmes manifestent pendant la révolution de février

Le soulèvement de février à mars 1917 déclencha une lutte prolongée sur la perspective politique et la signification historique de la révolution qui avait éclaté en Russie. Le Parti Cadet bourgeois, les Mencheviks réformistes et les Socialistes révolutionnaires, basés sur la paysannerie, tous voyaient la révolution en termes nationaux. Ils prétendaient que le renversement du régime tsariste n’était qu’une révolution nationale démocratique. Les tâches de la révolution se limitaient à remplacer le régime tsariste par une sorte de république parlementaire, calquée sur celle de la France ou de la Grande-Bretagne, qui faciliterait le développement de l’économie russe sur des bases capitalistes.

Dans la pratique, les Cadets bourgeois, craignant les bouleversements révolutionnaires et méprisant les masses, s’opposèrent à tout changement dans la structure sociale existante qui menacerait leurs richesses. Quant aux Menchéviks et aux Socialistes révolutionnaires, leurs programmes réformistes excluaient tout attaque sérieuse contre la propriété capitaliste. La Russie, insistaient-ils, n’était pas mûre pour une révolution socialiste. Des décennies de développement capitaliste seraient nécessaires avant qu'une transition vers le socialisme soit une possibilité réaliste.

Dans le cadre de cette perspective, le renversement de la classe capitaliste et la prise de pouvoir par la classe ouvrière étaient impossibles. La subordination politique de la classe ouvrière au régime bourgeoise signifiait que la Russie devait continuer sa participation au bain de sang de la guerre mondiale impérialiste qui avait commencé en 1914.

Avant le retour de Lénine d’exil en avril 1917, les principaux dirigeants bolcheviques de Petrograd, Lev Kamenev et Joseph Staline, avaient accepté la subordination par les Menchéviques du Soviet (conseil) ouvrier au gouvernement provisoire. Ainsi, Kamenev et Staline acceptèrent l’argument menchévique selon lequel, avec le renversement du régime tsariste, la participation de la Russie à la guerre impérialiste s’était transformée en lutte démocratique contre l’Allemagne autocratique, que la classe ouvrière devait soutenir. Les intérêts impérialistes de la bourgeoisie russe étaient enrobés de phrases hypocrites sur une « paix démocratique ».

Le retour de Lénine en Russie le 17 avril entraîna un changement radical dans l’orientation du parti bolchevique. Contre les alliés du gouvernement provisoire dans le Soviet de Petrograd, et contre une importante faction de la direction bolchevique, Lénine a appelé au transfert du pouvoir aux soviets. Cette revendication révolutionnaire, qui stupéfiait non seulement les Mencheviks, mais aussi la plupart des camarades de Lénine dans la direction bolchevique, se fondait sur une conception profondément différente de la signification historique de la révolution russe.

Manifestation de soldats en février 1917

Depuis ses débuts en août 1914, Lénine avait insisté sur le fait que la guerre impérialiste mondiale marquait une nouvelle étape dans l’histoire du monde. Le carnage déclenché par la guerre était né des contradictions mondiales de l’impérialisme capitaliste. Les contradictions du système impérialiste, que les régimes capitalistes cherchaient à résoudre par la guerre, provoqueraient nécessairement une riposte révolutionnaire de la classe ouvrière internationale.

Cette analyse du contexte historique mondial de la Révolution russe constituait la base des politiques qui devaient guider le Parti bolchevik suite au retour de Lénine. Pour Lénine, la révolution russe était le début de la révolution socialiste mondiale. En ouvrant le septième congrès du Parti bolchevik en avril 1917, il déclara :

Le grand honneur de commencer la révolution est revenu au prolétariat russe. Mais le prolétariat russe ne doit pas oublier que son mouvement et sa révolution ne sont qu’une partie du mouvement prolétarien révolutionnaire mondial, qui, en Allemagne par exemple, prend de l’ampleur avec chaque jour qui passe. C’est seulement sous cet angle que nous pouvons définir nos tâches.

Entre avril et octobre 1917, Lénine a écrit des dizaines d’articles dans lesquels il imprégnait la conscience des membres du parti, et des dizaines de milliers de travailleurs qui lisaient les brochures, les journaux et les tracts bolcheviques, d'une compréhension du caractère international de la révolution. Ceux qui prétendent que la révolution bolchevique était un « putsch » ou un coup d’État lancé en secret ignorent simplement que les appels de Lénine à une révolution socialiste étaient lus, étudiés et débattus dans les usines, les casernes et les rues de toutes les grandes villes de Russie.

En septembre, un mois à peine avant la prise du pouvoir, le parti bolchevik publia la brochure de Lénine, « Les tâches du prolétariat dans notre révolution ». Il n’y avait rien d’ambigu, et encore moins de subreptice, dans la présentation par Lénine du programme et des intentions du Parti bolchevik. Avec une conscience historique étonnante, Lénine a expliqué la nécessité objective dont les politiques bolcheviques étaient l'expression :

La guerre n’est pas née de la mauvaise volonté des rapaces capitalistes, bien que, sans aucun doute, elle se fasse uniquement dans leur intérêt et n’enrichisse qu’eux. Elle a été engendrée par un demi-siècle de capitalisme mondial, par la multitude infinie de ses liens et de ses attaches. Il est impossible de s’arracher à la guerre impérialiste, impossible à obtenir une paix démocratique, non imposée par la violence, si le pouvoir du Capital n’est pas renversé, si le pouvoir ne passe pas à une autre classe : le prolétariat.

La révolution russe de février à mars 1917 marque le début de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Cette révolution a fait le premier pas vers la fin de la guerre ; mais il faut un second pas, celui du transfert du pouvoir d’État au prolétariat, pour faire de la fin de la guerre une certitude. Ce sera le début d’une « percée » à l’échelle mondiale, une percée sur le front des intérêts capitalistes ; et ce n’est qu’en brisant ce front que le prolétariat peut sauver l’humanité des horreurs de la guerre et la doter des bénédictions de la paix.

Au lendemain de la répression brutale de la classe ouvrière par le gouvernement provisoire, pendant les « Journées de juillet », Lénine dut se cacher. Léon Trotsky, revenu en Russie en mai et bientôt membre de la direction du Parti bolchevik, fut emprisonné. Libéré en septembre, suite au coup d’État contre-révolutionnaire avorté du général Kornilov, il a été élu président du Soviet de Petrograd. Dans les semaines qui suivirent, Trotsky émergea comme le plus grand leader de masse et orateur de la Révolution. Il a joué le rôle décisif dans la planification stratégique et l’organisation de l’insurrection bolchévique.

Léon Trotsky

Il y avait, sans aucun doute, un élément de génie dans la direction de Trotsky de l’insurrection bolchevique. Mais son rôle dans la Révolution d’octobre, non moins que celui de Lénine, avait été préparé par son analyse de la place de la Révolution russe dans l’histoire du monde. En fait, dans son élaboration de la théorie de la révolution permanente, Trotsky avait été le premier à prévoir, dès 1905, que la révolution démocratique contre l’autocratie tsariste en Russie se transformerait nécessairement en une révolution socialiste qui transférerait le pouvoir à la classe ouvrière.

L’analyse de Trotsky remettait en question les prétentions selon lesquelles le retard économique de la Russie déterminerait les tâches politiques de la classe ouvrière dans un pays « pas prêt » pour une révolution socialiste. « Dans un pays économiquement arriéré », écrit-il en 1905, « le prolétariat peut arriver au pouvoir plus tôt que dans un pays du capitalisme le plus avancé ».

Mais comment la classe ouvrière pourrait-elle soutenir sa révolution ? Trotsky, bien avant 1917, avait écrit que la classe ouvrière

n’aura pas d’autre possibilité que de lier le sort de son pouvoir politique et par conséquent, le sort de toute la révolution russe, à celui de la révolution socialiste en Europe. Elle jettera dans la balance de la lutte des classes du monde capitaliste tout entier l’énorme poids politique et étatique que lui aura donné un concours momentané de circonstances dans la révolution bourgeoise russe. Tenant le pouvoir d’État entre leurs mains, les ouvriers russes, la contre-révolution dans leur dos et la réaction européenne devant eux, lanceront à leurs camarades du monde entier le vieux cri de ralliement, qui sera cette fois un appel à la lutte finale : prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

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La nouvelle de l’insurrection bolchévique passa comme une décharge électrique à travers les masses confrontées à la réalité cauchemardesque de la Première Guerre mondiale qui, en octobre 1917, avait déjà coûté la vie à des millions de soldats. La Révolution de février était un événement russe. Mais la Révolution d’octobre a changé le monde. Ce qui n’était qu’un « spectre » en 1847 avait pris la forme d'un gouvernement révolutionnaire, auquel une insurrection ouvrière avait remis le pouvoir.

Rosa Luxemburg

Rosa Luxemburg, apprenant la Révolution en prison, écrivit à une amie l’impatience avec laquelle elle attendait les journaux le matin pour suivre l’évolution de la Russie. Elle craignait que la révolution ne puisse survivre face à l’opposition armée de l’impérialisme mondial. Mais elle ne doutait pas de la grandeur de la révolution, et elle admirait ce qu’avaient accompli Lénine et Trotsky, des camarades qu’elle connaissait depuis de longues années. L’insurrection menée par les bolcheviks, écrit-elle, « est un acte historique mondial, dont l’exemple vivra pour des éons ».

Bien des années plus tard, célébrant le vingt-cinquième anniversaire de la Révolution d’octobre, le leader trotskyste américain James P. Cannon a rappelé l’impact de 1917 sur les socialistes à travers le monde :

Pour la première fois, concentrés dans l’action révolutionnaire, nous avons eu une démonstration de la signification réelle du marxisme. Pour la première fois, nous avons appris de l’exemple et des enseignements de Lénine et Trotsky et des dirigeants de la révolution russe la véritable signification d’un parti révolutionnaire. Ceux qui se souviennent de cette époque, dont la vie s’est soudée à la révolution russe, doivent la considérer aujourd’hui comme la plus grande force d’inspiration et d’éducation que la classe opprimée du monde ait jamais connue.

La Révolution d’octobre compte parmi les événements les plus grands et les plus progressistes de l’histoire du monde. Elle fait partie de la chaîne des événements historiques mondiaux — tels que la Réforme protestante, la Révolution américaine et la Révolution française — qui constituent de grands jalons dans le développement de l'humanité.

L’impact de la Révolution d’octobre était incalculable. Elle a déclenché un mouvement mondial de la classe ouvrière et des masses opprimées contre l’exploitation capitaliste et l’oppression impérialiste. Toutes les conquêtes politiques ou sociales significatives de la classe ouvrière au vingtième siècle, partout au monde, sont en grande partie dues à la Révolution d’octobre. L’établissement de l’État soviétique fut la première grande réalisation de la Révolution d’octobre. La victoire de la révolution bolchevique a démontré dans la pratique la possibilité pour la classe ouvrière de conquérir le pouvoir, de mettre fin à la domination de la classe capitaliste et d’organiser la société sur une base non capitaliste et socialiste.

Cependant, alors que l’établissement de l’Union soviétique était le produit immédiat de l’insurrection menée par les bolcheviks, la création de cet État n’inclut pas toute la signification historique de la Révolution d’octobre. L’établissement de l’État soviétique en octobre 1917 n’était que le premier épisode d'une nouvelle ère : celle de la révolution socialiste mondiale.

Cette distinction entre épisode et époque est essentielle à la compréhension du sort de l’Union soviétique et du monde contemporain. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 a marqué la fin de l’État fondé en 1917, mais pas la fin de l’époque de la révolution socialiste mondiale. La dissolution de l’Union soviétique fut le résultat de l’abandon, à partir du début des années 1920, de la perspective socialiste internationale sur laquelle reposait la Révolution d’octobre. Le programme stalinien du socialisme dans un pays, promulgué par Staline et Boukharine en 1924, marque un tournant dans la dégénérescence nationaliste de l’Union soviétique. Trotsky a expliqué que le nationalisme stalinien, dont la base politique était une élite bureaucratique en plein essor, séparait le sort de l’Union soviétique de la lutte pour le socialisme mondial. L’Internationale communiste, fondée en 1919 en tant qu’instrument de la révolution socialiste mondiale, s’est transformée en appendice de la politique étrangère contre-révolutionnaire de l’Union soviétique. Les politiques traîtresses et désorientantes de Staline ont conduit à des défaites dévastatrices de la classe ouvrière en Allemagne, en France, en Espagne et dans beaucoup d’autres pays.

En 1936, Staline lança la Grande Terreur qui, au cours des quatre années suivantes, aboutit à l’extermination physique de pratiquement tous les principaux représentants de l’internationalisme révolutionnaire au sein de la classe ouvrière et de l’intelligentsia socialiste. Trotsky a été assassiné au Mexique en 1940.

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La dissolution de l’URSS en 1991 a été saluée comme une victoire capitale pour le capitalisme mondial. Enfin, on avait éradiqué le spectre du communisme et du socialisme. L’histoire était finie ! La Révolution d’octobre était en ruines ! Bien sûr, une examination sérieuse des 74 dernières années ne justifiait pas de telles proclamations. Elles laissaient de côté les énormes succès de l’Union soviétique, avec non seulement son rôle central dans la défaite de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi les immenses avancées des conditions sociales et culturelles du peuple soviétique. Mis à part l'effort pour effacer de la mémoire collective tout souvenir des succès soviétiques, la falsification essentielle de l’histoire du XXe siècle a été l’effort pour définir le destin du socialisme sur la base d’un récit nationaliste de la Révolution d’octobre, selon lequel la prise du pouvoir par les bolcheviks était un événement illégitime, voire criminel dans l’histoire de la Russie. Il s'agissait de ridiculiser ou d'ignorer la conception originale, bolchevique, d’octobre et de nier que la pertinence historique et politique durable de la révolution.

Unité de la garde rouge à l’usine Vulkan à Petrograd pendant la révolution

Ce récit réactionnaire visant à dépouiller la Révolution d’octobre de toute légitimité, toute pertinence et tout honneur dépend toutefois d’une chose : que le système capitaliste mondial ait résolu les contradictions et les crises qui ont donné naissance à la guerre et à la révolution au XXe siècle.

C’est ici que s’effondrent les efforts pour discréditer la Révolution d’octobre et les luttes futures pour réaliser le socialisme. Une crise sociale, politique et économique qui s'intensifiait sans relâche a marqué le quart de siècle écoulé depuis la dissolution de l’URSS. Notre époque est celle d'une guerre perpétuelle. Depuis l’invasion de l’Irak en 1991, le nombre de vies détruites par les bombes et les missiles impérialistes dépasse facilement le million. Les conflits géopolitiques s'intensifient ; une Troisième Guerre mondiale est de plus en plus considérée comme étant inévitable.

La crise économique de 2008 a exposé la fragilité du capitalisme mondial. Les tensions sociales s’accumulent face à aux inégalités les plus élevées depuis un siècle. Les institutions traditionnelles de la démocratie bourgeoise étant incapables de gérer l’escalade des conflits sociaux, les élites dirigeantes se tournent de plus en plus ouvertement vers des régimes autoritaires. L’Administration Trump n’est qu’une manifestation dégoûtante de l’effondrement universel de la démocratie bourgeoise. Le rôle de l’armée, de la police et du renseignement dans la gestion de l’État capitaliste saute de plus en plus aux yeux.

Tout au long de 2017, d’innombrables articles et livres ont été publiés dans le but de discréditer la Révolution d’octobre. Mais les déclarations de « l’insignifiance » d’octobre sont démenties par leur ton hystérique. La Révolution d’octobre n’est pas traitée comme un événement historique, mais comme une menace contemporaine, durable et dangereuse.

La peur qui sous-tend les dénonciations de la Révolution d’octobre s'exprime dans un livre récemment publié par un éminent spécialiste universitaire en falsification historique, le professeur Sean McMeekin. Il écrit :

À l’instar des armes nucléaires nées de l’ère idéologique inaugurée en 1917, la triste réalité du léninisme est que, une fois inventée, elle ne peut être défait. L’inégalité sociale sera toujours avec nous, avec l’impulsion bien intentionnée des socialistes pour l’éradiquer... Si les cent dernières années nous apprennent quelque chose, c’est que nous devrions renforcer nos défenses et résister aux prophètes armés promettant la perfection sociale.

Dans un essai publié dans le New York Times en octobre, le chroniqueur Bret Stephens écrit :

Les efforts pour criminaliser le capitalisme et les services financiers ont aussi des résultats prévisibles... Un siècle plus tard, le bacille n’est pas éradiqué, et notre immunité à son égard est toujours mise en doute.

L’anxiété qui anime ces déclarations n’est pas sans fondement. Un sondage récent montre que parmi les « Millennials » (des personnes de moins de 28 ans aux Etats-Unis), un pourcentage plus élevé préférerait vivre dans une société socialiste ou communiste que dans une société capitaliste.

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Tout au long de cette année centenaire, le Comité international de la Quatrième Internationale a célébré l’anniversaire de la Révolution d’octobre en étudiant et en expliquant ses origines et sa signification. Il a mené cet important travail historique comme la seule tendance politique au monde qui représente le programme du socialisme international sur lequel la Révolution d’octobre était basée. La défense de ce programme ressort historiquement de la lutte menée par Trotsky, d’abord comme chef de l’Opposition de gauche puis comme fondateur de la Quatrième Internationale, contre la trahison nationaliste et la perversion du programme et des principes de la Révolution d’octobre par la bureaucratie stalinienne. Tout en défendant tout ce qui a été accompli en Union soviétique à la suite de la Révolution d’octobre, cela n’a jamais pris la forme d’une adaptation, et encore moins d'une capitulation, aux politiques réactionnaires du régime bureaucratique.

Ainsi, la Quatrième Internationale est l’expression contemporaine du programme de la révolution socialiste mondiale. Dans la période actuelle de crise capitaliste insoluble, ce programme acquiert une fois de plus une pertinence intense. La Révolution d’octobre ne vit pas seulement dans l’histoire, mais au présent.

Nous appelons les travailleurs et les jeunes du monde entier à se joindre à la lutte pour le socialisme mondial.

Vive l'exemple de la Révolution d'octobre !

Construisons le Comité international de la Quatrième Internationale !

En avant vers la révolution socialiste mondiale !

(Article paru d’abord en anglais le 7 novembre 2017)